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PRESENTATION

Vincent Gouriou vit à Brest. Depuis 2012, il entame un travail photographique centré sur le portrait et la question de la (re)construction de soi selon des particularités physiques, psychologiques ou sexuelles. Dans sa dernière série « des famille(s) », il tente de dresser un état des lieux des contours actuels de cette institution en perpétuelle redéfinition. Le couple, la fraternité, la filiation, la maternité sont autant de thèmes abordés par Vincent Gouriou, dont les portraits dépassent le simple questionnement de la cellule familiale, pour mettre en image le dialogue de l’autre et du même : l’homosexualité, la gémellité, la réassignation sexuelle, la fusion des rôles paternel et maternel.

Depuis 2012, des expositions collectives jalonnent son parcours :

  • à Paris : en 2016 à la BnF en tant que en tant que Lauréat de la Bourse du Talent 2016 # 66 Portrait et en 2013 en tant que coup de cœur de la Bourse du Talent # 54 « Portrait », en 2014 au 104 en tant que sélection du jury du Festival Circulation(s) de la jeune photographie européenne, en 2014 dans la sélection officielle du Mois de la Photo et en 2016 au Pavillon du Carré de Baudouin ;
  • en Malaisie où il a reçu le deuxième prix du Kuala Lumpur International Photoawards 2014 ;
  • Aux Pays-Bas, à « l’old Church » d’Amsterdam au Pride Photo Awards où il a été récompensé en 2016 par le deuxième prix (theme category) et le deuxième prix du public et en 2015 (troisième prix « single image ») , en 2016 à Utrecht au Fotodok Festival « There is Something about My Family »
  • en Bretagne : au Centre Atlantique de la Photographie (2013 et 2014) à Brest et aux Rencontres photographiques de Lorient 2015.

Ses œuvres font partie des collections de la Maison Européenne de la Photographie et de la Bibliothèque nationale de France. Il vient tout juste de remporter la Bourse du Talent #66 Portrait.
Son travail a fait l’objet de publications sur CNN International, Lensculture, Visavisphoto, Fisheye, Réponse Photo, Gateway (compagnie aérienne China Southern Aislines) …
Vincent Gouriou travaille également pour la presse (Télérama, Le Monde, Libération, La Croix, Néon, La Vie, Le Pèlerin …) et pour des commandes institutionnelles.


Vincent Gouriou lives in Brest (France), interested in diversity, his work leads him to explore intimacy and identity.

Since 2012, he has made many collectives exhibitions :

  • in Paris : at the BnF (Bibliothèque Nationale de France / French National Library) in 2016 where he won the first price from the « Bourse du talent # 66 Portrait » and in 2013 where he won a “coup de coeur” from the « Bourse du Talent # 54 Portrait » ; in 2014, he participated in Circulation(s) festival of Young European Photography (selection of the jury) at CENTQUATRE ; in 2014 for the Mois de la Photo 2014 (official selection), and in 2016 at Pavillon Carré de Baudouin
  • in Malaysia where he won second prize (open category)Kuala Lumpur International Photoawards,
  • in the Netherlands : Old church, Amsterdam / Pride Photo Awards : in 2016 he won the second prize (theme category) & the second prize (public) and in 2015  the third prize in the single image category ; at Utrecht at Fotodok Festival « There is Something about My Family ».
  • in Brittany : in Brest at the Centre Atlantique de la Photographie (2013 and 2014) and in Lorient at the “Rencontres photographiques 2015”

His work has been published on CNN International, Lensculture, Visavisphoto, Fisheye, Réponse Photo …

His work is has been selected to enter the collections of the MEP (Maison Européenne de la Photographie) and BnF (Bibliothèque nationale de France).
He also works for french newspapers and magazines (Télérama, Le Monde, Libération, La Croix, Néon, La Vie, Le Pèlerin …).

DEMARCHE PHOTOGRAPHIQUE

Essayer de se rapprocher de l’autre, de mieux le connaître pour mieux se connaître. S’intéresser à la condition humaine à travers les différentes étapes de la vie et ses transformations du corps : l’enfance, l’adolescence, la vieillesse, la maladie, l’identité sexuelle … et questionner sur la normalité.

Les images sont en couleurs, presque monochromes, la lumière sorte de clair-obscur, comme une teinte mélancolique, une peinture. Une obsessionnelle quête du vrai, de sincérité et de simplicité à travers des corps et des visages, des êtres.

 Ce sont des amis, des proches, des inconnus …  une rencontre autour d’une séance photo qui pourrait se rapprocher d’une séance de peinture, le sujet est modelé dans la lumière, le travail dure plusieurs heures avec chacun. Dans le silence, juste quelques mots pour ajuster un mouvement, obtenir une pose juste, un geste, une action. La mise en scène doit rester simple pour faire tomber les remparts de protection habituels et aller chercher une profondeur dans le regard, le corps … S’abandonner et lâcher-prise, voilà ce qui pourrait être mon instant décisif.

Les vidéos sont elles, les prolongations de ces images fixes. Elles montrent des sujets immobiles ; un clignement d’œil ou une respiration induisent alors une nouvelle dimension qui aurait dépassé l’instant.


This series represents coloured pictures, almost monochromatic as a melancholic tone, like a painting. An obsessive search for truth, sincerity and simplicity through bodies and faces, through beings. I try to get close to the other, to know him better hence to know myself better. I take interest in the human condition throught the different steps in life and body transformations: childhood, adolescence, old age, sickness, sexual identity… to put foreward the question of difference and normality.

When I took these portraits, the sessions were comparable to painting ones,  lasting for several hours with each subject as they were modeled through light. In silence, just a few words to adjust the pose or a movement to get the right image, gesture or action. The setting up had to remain simple to allow the usual self-protection walls to collapse and then be able to get a deepness in the look, in the body. Giving up and letting go, that’s what could be considered as my descisive moment.


Dominique Cresson-Rybakov :

« Une musique de l’intime qui n’a pas peur des dissonances. Une vague d’idées silencieuses qui trouve sa traduction en un point d’orgue intense rejetant toute facilité. »

Les portraits de Vincent Gouriou ajoutent à leur beauté plastique celle du mystère des histoires indicibles. Sensuels, spirituels, secrets, ils ravivent la question de la normalité et de la différence. Entre identités et singularités. On ne naît pas homme ou femme, on le devient. La vie traverse tous les âges et la douleur aussi. Ce sont des amis, des proches, des inconnus… Des rencontres qui nécessitent l’abandon, le lâcher-prise pour dire le trouble, le doute, la faille. Ambiguïté, cris étouffés d’une maladie, absence-présence. Ces fulgurances… l’instant où le rempart cède. Dans le silence, il avance millimètre par millimètre. Apprivoisant le grain de la peau, le regard qui se perd ou se donne. Dans un clair-obscur modelé, il observe l’altérité avec bienveillance. A travers ce miroir noir qui renvoie inéluctablement au moi pluriel et unique à la fois, il devient un voyant de la condition humaine.

The portraits of Vincent Gouriou have on top of their plastic beauty the beauty of the mystery of the unspeakable stories. Sensual, spiritual secret, they revive the question of normality and of difference. Between identities and singularities. We are not born as a man or a woman, we become it. Life goes through all the ages and so does pain. It’s friends, close relatives, strangers… Meetings that require abandon, giving up to tell the confusion, the doubt, the flaw. (…). In a shaped chiaroscuro, he observes the otherness with benevolence. Through this black mirror that reflects unavoidably an I that’s plural and unique at the same time, he becomes an indicator of human condition.


Marie Docher :

Il se glisse dans les chambres lorsque la lumière du jour faiblit.
Je sens son inquiétude, celle de l’autre.
Maintenant, comment se rencontrer ?
Vincent Gouriou avance délicatement ; c’est une âme douce. Il tend sa main vers la fêlure dont il sent l’ombre glisser dans le regard. Le corps devient cartographie de l’altérité, de l’orientation. De ce corps hérité, socialisé, douloureux, en travaux, désorienté, quels sont les possibles ? De cette carte de chair, quel est le territoire en action ? Où localiser l’être en soi, l’être à l’autre et au-delà de lui. Le corps résiste à cette archéologie.
Il propose alors délicatement un silence, un assoupissement de l’inquiétude pour que la rencontre devienne possible, dans l’interstice laissé possible par le regard. Et c’est dans cet infime déchirure de la pudeur que le corps révèle alors un mouvement intérieur, une existence si familière, si étrange.


 Cécile La Gravière

Extraits :

« Sous mes yeux, voici donc des portraits de personnes de tout âge, de tout sexe, vêtues ou nues, seules ou non, des gens exposés dans leur simplicité ou dans la dérision de leurs artifices. C’est à eux, et à eux seuls, que la place est laissée. Le photographe leur offre un espace-temps où ils semblent pouvoir être eux-mêmes complètement. Ils ont le regard pensif, très intérieur, ou, au contraire, frontal et insondable. On devine leur force et leur fragilité. Ils sont photographiés dans un décor minimaliste, en extérieur ou en intérieur, qui ne met que davantage en valeur les vibrations de leur présence, car ce sont des portraits qui respirent et qui palpitent, malgré l’ombre et le choix de teintes froides ou désaturées. Il y a aussi des prises de vue de nus masculins d’une sensualité éclatante et également de leurs étreintes amoureuses. Elles sont épurées, saisies dans la spontanéité des gestes, taillées dans l’énergie du désir, à l’opposé de tout cliché homoérotique édulcoré ou vulgaire.

Par la grâce de son regard, cet artiste rend sa noblesse au genre humain (…). Il me rappelle que les gens sont beaux, que chaque être, enfermé dans le mystère de son unicité, est un frère fascinant dont la part inccessible, paradoxalement, nous rapproche.
Tous ces portraits, posés ou non, ces visages qui interrogent la Vie même, ces solitudes, ces corps qui se transforment, se touchent ou se meurent, m’ont laissée pantoise, retournée, conquise. Quant à cette lumière ! Cette lumière, plutôt qu’elle ne l’éclaire, souligne et caresse le silence d’un instant de recueillement ou l’animalité reconquise d’un moment d’oubli. Elle est révélation.

Voilà, enfin, un photographe qui montre les gens comme j’aime : la nudité de leur visage, le frémissement de leur souffle, le mystère inquiétant et beau de la vie dans leurs yeux ou dans leurs gestes… Ses images racontent les gens comme j’aimerais savoir le faire avec des mots. Hélas (pour moi), le vénérable Confucius n’affirmait-il pas qu’une image vaut mille mots ? »