Texte de Michèle Corbel (extrait) :
"Que connaissons-nous des gens qui vivent là où la terre se finit, là où chaque soir le soleil se couche, là où après avoir dépassé des cailloux, des îlots, des courants, c’est l’immensité océane qui règne en maître ?
Les gens de Brest savent qu’au delà, loin, bien loin, on peut à nouveau toucher terre. Mais peut-être ne l’ont-ils pas toujours su et depuis des lustres, ce bout du monde les modèle et leur forge un caractère qu’aujourd’hui le travail de Vincent Gouriou approche.
Les gens de Brest ont des gueules. Et on s’y arrête. Loin du beau, du lisse, du formaté. A chaque portrait quelque chose bute contre notre regard ! Ils consentent à ce que l’on saisisse une part de leur mystère mais une force contraire semble les retenir d’un abandon total. Quelles résistances intimes et telluriques les traversent ?
Leur cœur mis à nu est impossible à exposer. Un seul regard ne suffit pas à capter la vie qui les anime pourtant elle nous capte comme un appel. Comme cette nature toute proche, ils sont des êtres tortueux. Brisures et cabosses, espoirs et impasses, labeur et angoisses, cette sève qui coule en eux est dense et ses remous nous demeurent opaques (...)"
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